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ENTRE INTÉRÊTS SOCIAUX ET FINANCIERS : QUELLE EST LA RÉELLE FINALITÉ DES INSTITUTIONS DE MICROFINANCE ? 

Ces dernières années, le secteur de la microfinance a connu un changement de paradigme, passant du crédit subventionné à la microfinance durable à but lucratif. L'approche de plus en plus commerciale soulève néanmoins la question de savoir si la durabilité se fait au détriment de l'aide aux plus pauvres.

En effet, la capacité des micro prêteurs à réaliser simultanément la double mission de profit et de performance sociale fait l'objet d'un vif débat. La recherche empirique a examiné la relation entre la durabilité et le rayonnement, mais existe-t-il des preuves concluantes de l'existence d'un compromis ? Cet article examine d'un œil critique le véritable objectif de la microfinance.

LA COMMERCIALISATION DES IMF

Des recherches récentes suggèrent que de nombreuses institutions de microfinance se concentrent de plus en plus sur la performance financière au détriment de la composante sociale de leur double objectif. Les études existantes supposent généralement que les bailleurs de fonds et les gestionnaires sont les principaux moteurs de ce que l'on appelle la dérive de la mission. En effet, les acteurs publics ont progressivement poussé les IMF à couvrir tous leurs coûts voire à faire du profit afin d’attirer des capitaux privés.

DEUX TYPES DE MICRO-CRÉDIT

Les IMF sont en quelque sorte devenues une « nouvelle catégorie d’actifs ». Les bailleurs de fonds publics se sont liées aux grandes multinationales se revendiquant « philanthropes » pour miser sur la microfinance. Les IMF se sont donc « commercialisées » en abandonnant des services non financiers comme la formation et l’accompagnement, et en augmentant en parallèle les taux d’intérêt pour non seulement couvrir tous leurs couts mais aussi étendre leur portefeuille et prévenir des risques financiers

La part des capitaux étrangers dans la microfinance n’a cessé de croître : ils excèdent aujourd’hui 10 milliards de dollars, et sont composés essentiellement de VIM (Véhicules d’Investissement en Microfinance), eux-mêmes constitués de fonds publics, d’apports de riches particuliers, d’investisseurs institutionnels comme les Hedge funds, des établissements financiers de détail. Cette dérive de la mission a pris une telle ampleur que certains parlent même aujourd’hui d’« Industrie de la microfinance » caractérisée par la massification des IMF, la standardisation des pratiques et la commercialisation de tous les services.

L’exemple paradigmatique de ce phénomène n’est autre que l’IMF mexicaine Compartamos qui est allée jusqu’à entrer en bourse. Un choix que réprouve Muhammad Yunus lui-même, considérant que la présence d’actionnaires pousse l’organisation à faire du profit et revient à pratiquer l’usure, c’est-à-dire à exercer des taux d’intérêt élevés non plus pour couvrir les frais opérationnels liés au crédit, mais pour produire des bénéfices. La question est d’ordre éthique : peut-on faire du profit sur le dos des pauvres ?

LA RÉSOLUTION DU DILEMME

Pour lutter contre ces dérives, la régulation bancaire s’est emparée du secteur, les IMF ayant importées les normes prudentielles imposées par l’accord de Bâle III signé en 2010. Certes, les IMF se doivent d’être rentables, mais l’absence de valorisation de l’aspect social - tout aussi important que l’aspect financier - risque simplement de détourner les IMF de leurs missions initiales.

Néanmoins, pour éclaircir le dilemme, il semble nécessaire de revenir aux fondamentaux. Tout institut de microfinance doit être rentable financièrement car elles ont des coûts fixes comme toutes les entreprises. Pour pallier à ces coûts, les IMF sont alors contraintes d’augmenter leurs tarifs. De même, lorsqu’elles ont un statut lucratif, elles doivent aussi rémunérer le capital, et donc repenser leurs prix à nouveau. Ainsi, depuis la fin des années 1990, il est préconisé de poursuivre dans un premier temps les objectifs financiers afin de permettre aux IMF d’être rentables, et ainsi de pouvoir accumuler les fonds et attirer les investisseurs. La microfinance est donc un marché à part entière, on ne peut plus l’inclure dans la finance éthique à tort et à travers.

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